Il était une fois little Odessa

Les tribulations et autres déboires existentiels d’un caïd de Little Odessa dans le Brooklyn des années 1930-1950.

Le narrateur et ses deux amis inséparables, Isaac et Roschen, n’ont que quinze ans mais ils entendent bien faire régner la loi dans le quartier. Malgré quelques déconvenues, leur courage physique et leur détermination les amènent à prendre du galon. Ils finissent par se mettre à leur compte. Braquages, assassinats, détournements de marchandises…, on veut leur peau, c’est signe que les affaires sont florissantes. Mais on ne rigole pas avec le business, surtout quand il se fait en famille et que Dieu s’en mêle. L’affrontement du héros et de son frère, à la tête des deux grands gangs de la mafia juive d’après guerre, signera la fin de la Yiddish connection.

Dans le sillon du Sergio Leone de Il était une fois en Amérique, Stefff Gotkovski s’est approprié l’univers des gangsters à l’humour désespéré et des séducteurs aux angoisses métaphysiques. Son grand-père est né à Odessa, en Ukraine. Comme beaucoup de compatriotes, il a fui les pogroms. Quand la plupart ont continué jusqu’en Amérique, il s’est arrêté à Paris. L’auteur a imaginé dans ce livre la vie de son grand-père et celle de ses descendants s’il était allé jusqu’à New York…

Stefff Gotkovski possède un ton unique, très ironique, une écriture hyper-inventive. Les pires atrocités sont décrites en technicolor, dans le fracas de la vaisselle et le tac-tac-tac des mitraillettes. Les dictons yiddish – car il faut savoir tirer des leçons de ses actes, mêmes des plus cruels – sont du meilleur cru. “Faut dire que chez nous, les proverbes et autres aphorismes n’avaient été inventés ni par des abrutis ni par des goys.”